Carnet de bord
Les moments clés de la mission Artemis II.

Jour 1 : Le grand départ
La fusée SLS (pour Space Launch System) décolle du Centre spatial Kennedy, en Floride. À son sommet se trouve le vaisseau Orion. Dès que les réserves de carburant sont épuisées, les propulseurs se détachent. Le premier étage de la fusée a aussi achevé sa mission et se sépare de l’étage supérieur.
Huit minutes après le décollage, Orion arrive en orbite, à 1500 km d’altitude (soit quatre fois plus loin que la Station spatiale internationale). Le vaisseau déploie ses quatre panneaux solaires, qui produisent l’électricité nécessaire à son fonctionnement.
Christina et Jeremy quittent leurs sièges pour vérifier les systèmes essentiels : la pression de l’air dans la capsule, l’approvisionnement en eau et bien sûr, les toilettes !
Après une heure et demie de vol, Orion a parcouru son premier tour de la Terre. Le dernier étage de la fusée s’allume pour propulser le vaisseau sur une orbite plus éloignée, à 60 000 km d’altitude. Puis, il se détache de la capsule.
Reid et Victor testent le pilotage manuel du vaisseau. Cet entraînement sera utile pour les prochaines missions, quand les vaisseaux s’amarreront à la future station Gateway, en orbite lunaire.
Ensuite, les astronautes quittent leurs combinaisons pressurisées, retirent les sièges et vérifient les systèmes de communication, de navigation et de support de vie (traitement du CO₂ et de la vapeur d’eau). Enfin, c’est l’heure de la sieste !
Integrity : C’est le nom que les astronautes d’Artemis II ont donné au vaisseau Orion qui les hébergera pendant 10 jours.
Jours 2 à 5 : Droit au but
Après avoir gagné en altitude, Orion effectue son deuxième tour de la Terre en 23 heures. Il termine ce tour en redescendant à 200 km d’altitude, ce qui lui fait prendre de l’élan. Le moteur propulse alors levaisseau à 39 fois la vitesse du son. Direction, la Lune !
Le trajet dure quatre jours. Pendant ce temps, l’équipage continue d’évaluer les systèmes du vaisseau et de simuler des procédures d’urgence. Par exemple, les astronautes s’entraînent à fabriquer un abri avec le matériel de la cabine pour se protéger en cas d’éruption solaire. En effet, les puissantes radiations émises abîment les cellules du corps, ce qui augmente les risques de cancer, de stérilité et de cataractes.
80 % de l’entraînement des astronautes a été consacré à simuler tout ce qui pourrait mal tourner, des pannes de moteur aux toilettes défectueuses.
Jour 6 : La face cachée
Orion survole la face cachée de la Lune à 6500 km d’altitude. Pendant 45 minutes, le contact avec la Terre est perdu. Les astronautes se relaient pour filmer et observer cet autre visage de notre satellite naturel. La Lune leur paraît alors aussi grande qu’un ballon de basket tenu à bout de bras.
L’équipage utilise sa formation en géologie pour repérer les zones qui mériteraient d’être explorées. Des cratères d’impact ou d’anciennes coulées de lave, par exemple.
Jours 7 à 10 : Le retour
Le vaisseau retourne vers la Terre grâce à la gravité. Il n’a pas besoin
d’utiliser de carburant.
Le dernier jour, les astronautes remettent leurs combinaisons pressurisées. La capsule se sépare du reste du vaisseau et entre dans l’atmosphère à une vitesse de 40 000 km/h, soit 32 fois la vitesse du son ! Mais l’atmosphère la ralentit.
À 600 km/h, les parachutes se déploient. La capsule amerrit dans l’océan Pacifique, 16 minutes après son entrée dans l’atmosphère.
En cas de dépressurisation de la cabine, les combinaisons peuvent maintenir les astronautes en vie pendant six jours. Leur couleur orange est facile à repérer dans l’océan.
Pourquoi ne pas retourner directement sur la Lune ? Après tout, on l’a déjà fait!
Dans les années 1960, la course à l’espace battait son plein entre les États Unis et l’Union soviétique. La NASA disposait alors d’un budget colossal :
5 % du budget fédéral américain ! Et le programme Apollo bénéficiait de plus de la moitié de cet argent. « Apollo, c’était politique, dit Marie-Michèle Limoges, directrice scientifique du Cosmodôme. Il fallait arriver sur la Lune avant les Russes, alors tout allait très vite. On prenait davantage de risques, et trois astronautes l’ont malheureusement payé de leur vie. »
Aujourd’hui, la sécurité est la priorité. D’autant plus que les futures missions dureront plusieurs semaines, au lieu de quelques jours ! Les technologies développées doivent être assez résistantes pour servir lors de futures missions martiennes. « Impossible d’utiliser les mêmes fusées et les mêmes ordinateurs qu’il y a 50 ans. On est reparti de zéro pour tout construire selon les normes actuelles. »
Malgré ces objectifs ambitieux, Artemis ne reçoit qu’une fraction du financement autrefois accordé au programme Apollo. « Si on avait les mêmes ressources, ça ferait longtemps qu’on serait rendu ! »
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